Lettre de nouvelles octobre 2010

vendredi 1er octobre 2010
par  EPUdfBAYBIA

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Lettres de nouvelles oct 2010

Une unité trompeuse

Notre récit commence avec un progrès technique : les hommes apprennent à fabriquer des briques. Tout de suite, ils mettent en œuvre cette nouvelle technique pour renforcer leur unité et leur autonomie. Une ville, dans le livre de la Genèse, c’est un lieu où l’on se protège derrière des murs, puisqu’on ne se sent plus en harmonie avec « toute la terre » (voir Genèse 4, 17). Et la construction dans la plaine d’une tour « dont le sommet touche au ciel », à l’image des grandes montagnes où l’homme rencontre la divinité, est un acte de démesure où l’on se prend soi-même pour la Source. Dans ces conditions, l’unité tant désirée est d’emblée faussée. Il est significatif qu’elle soit exprimée en termes négatifs : « …afin que nous ne soyons pas dispersés… ». On préfère être fort en bloc, dans une attitude d’opposition à ce qui est au-dehors, plutôt que de remplir sa vocation d’accueillir et de communiquer la bénédiction divine : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. » (Genèse 1, 28) Notons que le récit n’offre pas de raison positive pour cette attitude d’autodéfense : c’est comme si, faute d’ennemis réels, les humains éprouvaient le besoin d’en inventer des imaginaires pour renforcer leur identité « contre quelqu’un ». C’est alors que Dieu entre dans l’histoire, d’abord comme simple observateur. Il constate qu’une unité imposée « contre autrui » et implicitement en rivalité avec lui, Dieu, ne correspond pas à la raison pour laquelle il a créé les humains. C’est pourquoi il décide de contrecarrer leur projet insensé. Son souci de garder les humains sur le bon chemin, une fois de plus, est perçu comme un châtiment. Aveuglés par leur puissance apparente, les bâtisseurs de la tour imaginent qu’en les dispersant, Dieu agit contre leurs aspirations. En fait, il les protège plutôt des conséquences de leur illusion. Leur impossibilité de communiquer les uns avec les autres aura un résultat positif et paradoxal, elle les obligera à remplir la terre et à développer au mieux toutes leurs virtualités. Après un long détour, le désir humain de l’unité se réalisera de façon inattendue et mille fois meilleure : par le miracle de la Pentecôte (voir Actes 2) apparaîtra une unité qui, loin d’être une uniformité forcée, est une communion dans la diversité, elle garde tout ce qui est valable dans chaque peuple et chaque personne. Une telle unité sans violence n’aurait jamais pu être accomplie par l’activité humaine. Elle ne peut être reçue que comme un cadeau, un don opéré par l’Esprit de Dieu en montant du plus profond de l’être humain. Le projet de Babel (ou de Babylone, voir Apocalypse 17-18) devient le symbole de tous les totalitarismes humains, il représente la poursuite d’une efficacité qui brûle les étapes et néglige les maturations nécessaires.

Pasteur Christian Apel



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