Lettre de nouvelles avril 2011

vendredi 1er avril 2011
par  EPUdfBAYBIA

Perdre pour gagner

PDF - 147.2 ko

Dieu demande-t-il des sacrifices humains ? Pourquoi un texte à la tonalité si archaïque est-il présent dans la Bible ? « Éprouver » quelqu’un selon la Bible, c’est le connaître, lui faire accéder à sa véritable identité (voir Dtn 8,2). En quoi consiste alors l’épreuve d’Abraham ? Dieu dit textuellement : « Va-t-en, prends ton fils, et fais-le monter pour un holocauste. » Dieu veut-il dire : offre ton fils unique en sacrifice ? Ou bien : offrez ensemble, toi et ton fils, un sacrifice (ce qu’espère peut-être secrètement Abraham, puisqu’il dit aux autres serviteurs « nous vous rejoindrons ») ? S’il faut comprendre « faire monter » dans le sens le plus évident, c’est-à-dire offrir en sacrifice, alors l’épreuve vise bien plus que la vie seule d’Isaac. Abraham doit-il renoncer à la promesse de Dieu, liée au miracle de la naissance de son fils dans son grand âge, miracle qui lui avait été signifié par les trois anges en Genèse 18 ? Dieu semble vouloir détruire ce qu’il a lentement construit. Don et mise à l’épreuve vont souvent de pair dans la Bible. Tout don constitue en lui-même une mise à l’épreuve : la personne qui le reçoit va-t-elle s’accaparer le don comme un dû ou aller au-delà pour découvrir celui qui offre ?

Abraham passe l’épreuve. Dieu lui dit : « Tu ne m’a pas refusé… », autrement dit : tu n’as pas refermé la main sur le don pour le garder jalousement. Dieu voit donc en vérité la foi d’Abraham qui a été chercher jusque dans la nuit profonde la volonté de son Dieu. « Dieu voit », c’est l’étymologie du nom de la montagne où se tiennent le père et le fils : « Moria ». Mais le narrateur ajoute aussitôt : « Le Seigneur est vu » (v. 14). Dans ce lieu symbolique, la rencontre entre Abraham et son Dieu devient reconnaissance réciproque. Pourtant, à la place du fils, représenté par « l’agneau » dans la question d’Isaac (v. 7), c’est le « bélier », l’image du père, qui est sacrifié. Même s’il n’a pas immolé son fils, Abraham sacrifie sa paternité en tant que possession du fils de la promesse. Abraham ne possède plus son fils (le nom d’Isaac n’est d’ailleurs plus mentionné ensuite), mais il a vu Dieu et a été vu par lui en vérité. Ce qu’il retrouve maintenant, c’est la promesse de Dieu, rendue à nouveau possible : « Par ta postérité seront bénies toutes les nations de la terre ».

N’y a-t-il pas dans ce texte le mystère de toute paternité et maternité : accepter de se déprendre de ses propres enfants pour les lancer vers la Vie ? Dieu lui-même prendra mystérieusement la place d’Abraham en « n’épargnant pas son Fils unique » sur la croix (Jean 3,16 ; Romains 8,32). Dans cette « perte », nous gagnons la vie. Christian Apel



Commentaires

Brèves

18 mai 2012 - Radio Lapurdi - oecuménisme en chemin

Vous pouvez écouter une courte émission avec le pasteur Christian Apel et le père Michel Garat sur (...)

25 février 2012 - Dieu et Internet - Emission de Frequence protestante en écoute

Pour ré-écouter l’émission avec Jean-Baptiste Maillard l’auteur du livre "Dieu et Internet" qui (...)

7 février 2012 - Dieu merci !

Sur internet, suivez DIEU MERCI !, la première émission religieuse de la TNT. Depuis bientôt 7 (...)

1er février 2012 - Conférence de Bruce Dennis sur Radio Lapurdi

La conférence donnée par Bruce Dennis pendant la semaine de l’Unité à Anglet est retransmis sur (...)

Statistiques

Dernière mise à jour

samedi 6 septembre 2014

Publication

433 Articles
6 Albums photo
81 Brèves
Aucun site
23 Auteurs

Visites

0 aujourd'hui
11 hier
74373 depuis le début
Aucun visiteur actuellement connecté